Petit à petit, je montre ce que j'aime (et peut-être plus tard ce que je n'aime pas) alors je dois vous parler de mon envie de publier un roman. Du fantastique. J'ai déjà les deux premiers chapitres. Mais aussi, avec deux amies, on écrit des petites histoires (qui formeront, peut-être un jour, un roman qui sait?). On a chacune au moins un personnage à gérer. Moi, mes persos sont Erys (que je vous ai déjà présentée) et Sahel, son fiancé. Lui, c'est un vampire "pure" plus âgé qu'Erys. Je mets ci-dessous le début de nos histoires. C'est un peu long je sais, pardonnez moi. A vous de juger ensuite...
Erys. Pourquoi m'ont-ils appelée comme ça ? Ai-je l'air de vouloir me venger ? Non mais vraiment ! Les parents ont quelques fois des idées étranges ! Mon père ? C'est un elfe de la nuit du nom de Elian. Ma mère, elle, est nuuréenne et s'appelle Merylie. Et moi, un mélange des deux. En gros, j'ai les cheveux et les yeux si foncés qu'ils paraissent noirs. Comme mon père, mon teint est pâle et mes oreilles, pointue et courtes, partent vers l'arrière. Mais ce que j'aime le plus, ce sont mes longues griffes que j'ai héritées de ma mère. Je les trouve magnifiques, surtout lorsque je leur applique un vernis spécial contenant du poison... Mais commençons par le commencement.
Le jour où je suis née, le sept août du mois d'Enel 4270, est un mauvais jour, un jour de malheur. Enfin, ce sont les nuuréens qui pensent cela. Alors ils ont renié ma mère qui vit à présent avec mon père à Chone, un village de la nuit. Eux nous ont acceptées, ma mère et moi. Les habitants me voyaient même comme l'enfant du renouveau et avaient vite repéré de grandes capacités en moi. C'est pour cela que j'ai rapidement appris à utiliser ma pupille comme il se doit, dès mes premiers pas, vers l'âge d'un an elfique. J'ai mis seulement une vingtaine de mois elfiques à la maîtriser complètement, ce qui est assez rare, même pour un elfe plus intelligent que la moyenne. C'est donc à partir de mes quatre ans elfiques que j'ai manié l'arc. Grâce à cela, j'ai gagné la confiance puis la complicité de mon père et j'ai pu l'accompagner à la chasse aux alentours de mes cinq ans elfiques. J'ai tout de même du continuer mon éducation scolaire et guerrière.
Cependant, lors d'une de nos escapades, j'ai fait la rencontre avec un renard différent des autres, ce qui m'a tout de suite attirée. Malgré l'interdiction venant de mon père de m'en approcher, je me suis attachée à lui et un fort lien d'amitié s'est rapidement créé entre l'animal et moi. Cette relation m'a éloignée petit à petit de mes proches, appréciant de moins en moins leur compagnie et la vie que je menais à Chone et préférant celles en présence de mon ami baptisé Dran. Un jour, alors que j'allais justement le voir, je rencontrai Sahel, un vampire de seize ans vampiriques. J'avais ce jour-là environ douze ans elfiques. À cette époque, je me considérais encore jeune comparé à lui mais j'ai appris plus tard que j'avais tort puisque les elfes vieillissent beaucoup moins vite que les humains ou les vampires et possèdent une durée de vie beaucoup plus importante. Cependant, une grande amitié s'est tissée entre nous, se renforçant au fil des années, et nous avons fini par nous aimer.
Voulant devenir comme lui, je lui ai demandé peu de temps après nos fiançailles de me mordre. C'est vrai, je n'avais qu'environ quinze ans et demi elfiques mais je ne me trompe jamais malgré ce que mon père pouvait penser de cette union. Il haïssait les vampires et a très mal réagi en apprenant la nouvelle. Mais nous avons vite remarqué des effets secondaires liés à la morsure. En effet, je ne supportais plus de vivre avec d'autres personnes sauf avec Sahel alors nous avons préféré nous enfuir à la lisière de la forêt d'Eliode le lendemain de mes seize ans elfiques, âge de maturité chez les elfes. De plus, mon père m'avait reniée depuis nos fiançailles. Il a été le premier à se réjouir de notre départ, nous ayant poussé à sa façon, ne pouvant plus supporter de nous voir. C'est donc grâce à mon apprentissage et à nos qualités de prédateur qu'on a pu se nourrir et par conséquent vivre sans l'aide de personne. Pour tout dire, je ne sais pas ce que je serais devenue sans Sahel. Il m'apporte tant, jour après jour.
Nous avons passé un an et demi vampirique, ou plutôt trois mois et demi elfiques pour ma petite Erys, à vivre reclus. Enfin, moi, je continuais à voir d'autres gens mais elle, ne pouvait pas. Les effets ayant atteint un haut niveau, elle ne sortait plus que pour chasser ou, de temps en temps, aller voir Dran qui nous avait suivi lors de notre fuite.
Elle m'inquiétait énormément mais je ne savais pas quoi faire pour la sortir de cet état de profond renfermement. Je me suis souvent dit que je n'aurais pas du la mordre, j'ai beaucoup regretté mon acte. Elle devenait même, de temps en temps, distante envers moi et ne voulait pas que je l'approche. Ces moments étaient très durs tant pour elle que pour moi car je sentais qu'elle souffrait sans pouvoir la sauver. Elle était aux prises d'une force que je ne savais pas contrôler et luttait pour sortir de cet abîme sans y parvenir. Petit à petit, elle se laissa tomber dans une dépression et devint bientôt associable. Sa détresse me pénétrait jour après jour sans que je ne puisse l'aider puisqu'elle n'avait plus cette volonté. La jeune adolescente que j'avais connue avait disparu et j'avais en face de moi, chaque jour, une jeune femme souffrant d'un mal profond et d'un fort repliement sur soi-même.
Elle est vite devenue agressive, frappant et mordant tout ce qui se trouvait sur sa route. Etant toujours, ou presque, présent, c'était moi qui prenais le plus de coups. Malgré cela, je suis resté, je ne pouvais l'abandonner, la laisser courir à sa perte. Alors j'ai pris sur moi, mon amour l'emportant sur la colère et la tristesse. Pendant cette période, semblant sans fin pour moi, je l'ai vue sombrer dans un monde de mal-être. Elle possédait, d'instant en instant, une rage tellement immense que je ne pouvais l'en défaire. Elle ne savait plus gérer ses émotions et, lorsqu'elle ne frappait pas, c'était les crises de larmes qui l'envahissaient.
Je la croyais perdue mais, un jour où elle allait voir Dran, elle rencontra une elfe bien étrange. Lorsqu'elle revint à la maison, Erys semblait différente, plongée dans ses pensées mais, étrangement, calme et inoffensive. Cependant, elle se leva d'un coup et frappa le mur de son poing. Sa force s'était décuplée telle que l'endroit touché vola en éclat, formant un trou de la grandeur de sa main fermée. Elle siffla rageusement, jura et repartit d'un pas ferme. Elle ne revint pas de la nuit et le lendemain, l'inquiétude m'envahit. Elle ne reparut que le soir et, ne pouvant me retenir, je lui criai dessus, laissant passer mes nerfs et ma peur de la perdre. Erys, comme à son habitude depuis la morsure, m'ignora et ne dit que trois mots : « la petite peste ! ». J'ai voulu en savoir plus mais elle ne me répondit pas. C'est seulement une fois couchée qu'elle me raconta tout. C'est là que j'appris l'existence de cette « petite peste » d'Hécate.